Historique du collectif

Un beau matin de mai 2019, des habitants du quartier du haut des Pentes de la Croix-Rousse ont remarqué une affiche sur les hangars de la rue Lemot : la mairie de Lyon venait de délivrer à Bouygues un permis de construire de quatre immeubles de "standing". Le projet ? Raser des hangars anciens, détruire deux petites maisons de ville et une friche pour y installer du "haut de gamme". Bouygues annonce des prix au mètre carré faramineux, hors de proportion avec ceux du quartier. Bref un projet en bonne et due forme de super-gentrification et de bétonisation d'un des rares espaces encore un peu "aéré", dans un quartier qui est déjà un vaste "îlot de chaleur" en été. 
 
Des habitants de la rue Lemot constituent une première liste mail, commencent à alerter les habitants du quartier sur les impacts néfastes du projet. Après une campagne d'affichage et de "boîtage", une première réunion publique a lieu dans la salle municipale de la "Marmite colbert", début juin. Plus d'une centaine d'habitants se présentent, une liste mail informelle se constitue : le collectif des "Pentes contre Bouygues" prend naissance ce jour-là. Des liens se nouent avec les militants d'autres collectifs en résistance contre les transformations autoritaires et la braderie au privé du quartier : ex école des Beaux-Arts, fort saint Laurent (place Bellevue), église saint Bernard (place Colbert), friche du "jardin des Pendarts" (rue du Bon Pasteur), collège Maurice Scève, etc. 
 
Une cagnotte en ligne est ouverte, qui recueille rapidement plusieurs milliers d'euros. En effet, un certain nombre d'habitants directement impactés par le projet décident d’engager les services d'une avocate pour déposer un recours gracieux auprès de la mairie centrale. 
 
En septembre, un banquet public et festif est organisé place Colbert avec l'aide de la librairie de la Plume Noire (rue Diderot), le soutien du café la Pinte douce et de Papy'art, sérigraphe historique des Pentes de la Croix-Rousse. Une fois encore, les habitants viennent en nombre manifester leur soutien et contribuer à la caisse de solidarité avec les huit requérants qui portent le recours juridique.
 
Les actions continuent... La jour de la fête des Lumières, des membres du collectif se retrouvent pour proposer aux habitants leurs banderoles chamarrées de slogans aussi informatifs que contestataires ("1000 euros le m2, non merci!" / "Bouygues dégage!"). A la fin de la matinée, l'escalier de la rue Pouteau est paré de multiples banderoles qui ne manquent pas de susciter la curiosité des passants qui encouragent cette initiative. 
Enfin, le lendemain, nous nous retrouvons autour d'un bel apéro, avec des gens du quartier et des membres d'autres collectifs. On évoque déjà le fait d'amplifier la mobilisation, de proposer une alternative positive au projet Bouygues (jardin de quartier à la place de la friche des balmes rue Diderot?) et aux autres projets immobiliers qui nuisent à une mixité sociale déjà affaiblie. 
 
Nous avons bon espoir d'obtenir l'annulation pure et simple du permis de construire, d’ici mai 2020, ce qui constituerait un coup d'arrêt symbolique important au processus de gentrification du quartier piloté par la mairie centrale.